Un jardin à l’école, pour quoi faire ?
Publié le 15 octobre 2024
Aude enseigne depuis 4 ans à l’Ecole Franco-Sénégalaise de Dakar dans une classe de CE1.
Elle a initié la création d’un jardin dans son école afin de mener un projet de classe permettant aux élèves de travailler les compétences du programme de CE1 et de donner du sens aux apprentissages tout au long de l’année
Aude enseigne depuis 4 ans à l’Ecole Franco-Sénégalaise de Dakar dans une classe de CE1.
Elle a initié la création d’un jardin dans son école afin de mener un projet de classe permettant aux élèves de travailler les compétences du programme de CE1 et de donner du sens aux apprentissages tout au long de l’année.
Aude précise : « J’aime la nature certainement parce que je suis fille d’agriculteur. A l’école, nous avons de vrais enjeux sur le développement durable à enseigner à nos élèves, nous devons les sensibiliser à l’avenir de la planète. Pour moi, rien de mieux que d’avoir notre propre jardin pour avoir notre propre laboratoire afin de réaliser des expériences. Les élèves transmettent ces savoirs en famille. »
Lorsqu’elle est arrivée à l’école sur le site de Dial Diop, Aude a su tirer profit des espaces verts déjà présents pour créer le jardin pédagogique à l’aide du personnel de l’école. Un intervenant jardinier a été recruté par l’école afin d’aider à la vie du jardin.
Elle nous raconte :
« Au niveau de la classe, les élèves sont davantage engagés dans la résolution de problèmes en partant du vivant plutôt que d’un exercice sortant d’un manuel. Les élèves comprennent mieux en partant de choses concrètes. Par exemple, nous avons cherché quelle est la plus petite plante, quelle est la plus grande plante de gombo qui a poussé ? Quelle unité utilisons-nous pour la mesurer, le mètre, le centimètre, le kilomètre ? Combien mesure-t-elle ? »
Tout au long de l’année, l’enseignante a réalisé des petits problèmes quotidiens avec ses élèves : problèmes de comparaison, de transformation…
En septembre, les élèves ont observé les épinards. Chaque élève a reçu une branche, retiré les feuilles et fait des paquets de 10 afin de dénombrer la quantité globale récoltée. Selon l’enseignante, l’apprentissage du dénombrement par un atelier de manipulation avec le vivant permet d’atteindre un meilleur taux de réussite. Les élèves comprennent mieux la numération, notamment ceux qui sont le plus en difficulté.
Plus tard dans l’année, a eu lieu la saison des fraises. Quelle découverte olfactive pour les élèves ! Ils ont d’abord planté des graines de fraisiers dans des barquettes d’œufs, ce qui leur a permis de travailler la multiplication.
Tous les deux jours, deux élèves étaient chargés de cueillir les fraises, retirer la moustiquaire et d’arroser. En classe, les élèves les comptaient et les ajoutaient au nombre de fraises déjà récoltées depuis le début de la saison : c’était le rituel du nombre du jour.
Les petits jardiniers furent très fiers d’avoir récolté et dégusté au total 258 fraises. Des fraises ont été abîmées ou mangées par les autres animaux, c’est normal car on doit partager avec eux.
Ils ont également travaillé sur le cycle du fraisier : de la fleur au fruit. Les expérimentations réalisées leur ont permis de comprendre le développement de la plante.








